Un prêtre vous parle : octobre, le mois du Rosaire

Abbé Serge Clémenté, abbé de Boquen
Dans l’Église catholique, comme le mois de mai, le mois d’octobre nous rappelle la présence de la Vierge Marie. Octobre, le mois du Rosaire, nous invite avec la Vierge Marie à méditer les mystères de la vie du Christ : mystères joyeux, lumineux, douloureux et glorieux.
Personne mieux que Marie n’a été aussi proche de Jésus pendant toute sa vie terrestre. Les évangiles lui donnent trois grands titres : Elle est Vierge, Femme et Mère. Vierge, en tant qu’elle embrasse la cause du Salut, Femme, en tant qu’elle accompagne en tout son divin Fils, Mère, en tant qu’éducatrice sur le chemin de la sainteté.
Une mère universelle
Marie, dans son charisme reçu de Dieu, est à la racine de la première unité fondamentale, celle du mystère de l’annonciation et de l’incarnation à savoir l’unité humano-divine de son fils. Et donc, elle est aussi avec nous sur tous les autres chemins d’unité : personnel, couple, famille, confessions chrétiennes et les autres religions. L’ancien évêque de Lourdes-Tarbes, Jacques Perrier, redisait cela, en rappelant qu’à Lourdes, non seulement des catholiques venaient au sanctuaire marial, mais aussi des protestants, des orthodoxes, ainsi que des musulmans et des hindous.
En fait, l’humanité est représentée à Lourdes, attirée par le charisme de Marie qui conduit le peuple vers le Dieu trinitaire. Par la croix de Jésus qui attire le monde vers Lui, le Christ fait de la mère du Fils unique de Dieu, la mère universelle.
Fille bien-aimée
Dans ce chemin catéchuménal que notre Église vit en France, Marie nous redit, dans le récit de son premier appel, au début de l’évangile de Luc, qu’elle est la mère des sacrements. En effet, dans le récit de l’annonciation, elle reçoit, de la part de l’archange Gabriel, le choix du Père comme Fille bien-aimée qui rejoint la grâce et le sacrement du baptême.
Également, dans ce même récit, elle accueille en son sein la semence divine, le Fils unique de Dieu, qui rejoint le mystère de la communion qui est le sacrement de l’Eucharistie. Et à la fin de cette scène, elle est envoyée par Dieu vers sa cousine Élisabeth, ce sera la Visitation qui rejoint le sacrement de la confirmation. Marie, l’immaculée conception, vit dans un même moment, en plénitude, les sacrements de l’initiation chrétienne. Donc, elle marche avec tous ces catéchumènes qui entrent dans l’Église, étape après étape.
Dans ce beau pèlerinage de notre diocèse des Côtes-d’Armor à Lourdes, fin août début-septembre, je rappelais que, dans la parabole du semeur, la Vierge Marie est cette quatrième graine après Judas, la première, Pierre, la seconde, et le jeune homme riche, la troisième. Nous pouvons alors nous poser la question, sur notre chemin de conversion : quelle terre suis-je ? Terre de Judas, terre de Pierre, terre du jeune homme riche ou terre de Marie. Oui, soyons cette terre mariale qui porte beaucoup de fruits.
Abbé Serge Clémenté, abbé de Boquen