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Messe en mémoire de la Cène du Seigneur, le jeudi saint 17 avril 2025, à l’église de Bréhand

Homélie du Père Guy MARZIN

Au temps de Jésus, le service du lavement des pieds était une manière courante de bien recevoir celui qui venait nous visiter. A l’époque, on marchait avec des sandales aux pieds, sur des routes poussiéreuses. La pratique pour bien recevoir un visiteur était de lui laver les pieds en arrivant. Mais dans beaucoup de maisons, laver les pieds de quelqu’un était la fonction des esclaves. Jésus, dans le passage que nous venons d’entendre, se met à effectuer le travail des domestiques, des esclaves, pour livrer un message à ses disciples et à toute l’Église au cours de l’histoire. Jésus, lui le Maître, le Fils de Dieu, se fait le serviteur de tous. Pour Jésus, le service est une manière d’aimer en acte. Le texte d’évangile nous dit, au début du repas avec des disciples, que « Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout. » Oui, Jésus a aimé en se faisant serviteur. Jésus termine de laver les pieds de ses disciples en leur disant : « C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous. » Nous sommes donc invités à aimer et servir.

Aimer !

Voilà un mot que nous utilisons facilement pour parler de Dieu, de Jésus son Fils. « Dieu est amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu, et Dieu en lui » dit saint Jean dans sa première lettre (1 Jn 4,16). Le signe qui nous est donné à tous pour nous approcher de l’amour de Dieu, c’est le sacrement de l’eucharistie. C’est là, durant la Cène avec ses disciples, que Jésus nous laisse son testament, son message suprême : l’amour qui va jusqu’à donner sa vie pour les autres sur la croix. En prenant le pain et le vin, Jésus donne à l’Église de célébrer le repas pascal en mémoire de lui. Saint Paul nous l’a rappelé tout à l’heure, dans la deuxième lecture, tirée de sa lettre aux Corinthiens : « Ceci est mon corps, qui est pour vous » en prenant le pain. « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang » en prenant la coupe de vin. Oui, l’eucharistie que nous célébrons ce soir, chaque dimanche et aussi en semaine, est la mémoire vivante de Jésus-Christ qui a aimé jusqu’à donner sa vie pour le salut de tous les hommes. L’amour de Jésus est un amour qui ne se marchande pas, l’amour qui ne se vend pas, l’amour qui ne s’achète pas. L’amour se donne et se reçoit comme un cadeau. Rendons grâce à Dieu pour le cadeau merveilleux de l’eucharistie. C’est pour nous la source de l’amour, la source pour une vie bonne, une vie réussie. Comme dit le Concile Vatican II : « L’Eucharistie est la source et le sommet de toute la vie chrétienne » (LG n° 11).

Servir !

Le plus beau signe de l’amour que Jésus nous invite à vivre, c’est le service. En lavant les pieds de ses disciples, la veille de sa Passion, Jésus nous dit qu’aimer c’est servir. Si Jésus a choisi un geste familier et ordinaire, le lavement des pieds, c’est pour que nous nous souvenions que l’amour de Dieu doit s’inscrire dans les gestes quotidiens. Aimer et servir sont donc liés pour Jésus. La vie de famille est, par exemple, un lieu de multiples occasions de servir. Les gestes des soignants dans les EHPAD, les hôpitaux, etc., sont des occasions de servir. L’engagement dans une association, un syndicat, est une manière de servir. L’engagement dans la vie locale, pour le bien de tous, est une manière de servir. L’écoute patiente de quelqu’un est un service rendu. Le temps donné, le sourire offert, sont des services rendus aux autres. Voilà des gestes, des actions, qui sont autant de lavements des pieds aujourd’hui, des gestes, des actions qui manifestent l’amour en actes. Aimer et servir. C’est ce que Jésus a vécu.

Aimer et servir, c’est ce que nous sommes invités à vivre, en fidélité à notre vocation de chrétiens.

Amen.

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