Messe de Pâques, samedi 19 et dimanche 20 avril 2025

Homélie du Père Guy MARZIN
Pâques 2025 samedi 19 et dimanche 20 avril 2025
Les quatre évangiles, dans leur récit de la visite des femmes au tombeau, le premier jour de la semaine, nous parlent de la pierre qui fermait l’entrée du tombeau de Jésus. Cette pierre tombale tient une place importante dans tous les récits de la résurrection de Jésus. Pourquoi cette insistance des évangélistes sur cette fameuse pierre ? Ils diront tous que la pierre sera « roulée » (Mt 28, 2 – Mc 16, 36 – Lc 24,2 -), ou elle sera « enlevée » (Jn 20,1).
Arrêtons-nous un instant sur ce message que nous donnent les évangiles : une pierre tombale, qui est roulée ou enlevée.
Une pierre tombale
Cette pierre devient dans les évangiles le principal obstacle pour permettre aux femmes de retrouver Jésus. (Une pierre en forme de roue !) La pierre tombale signifie le terme de l’histoire d’une personne. Les saintes femmes qui se rendent au tombeau, le premier jour de la semaine, viennent se souvenir de Jésus, enseveli il y a quelques jours. Cette pierre tombale, obstacle insurmontable, est le symbole de la peine, des épreuves que viennent de connaître les femmes après la mort de Jésus en croix. Cette pierre est aussi le symbole des épreuves que nous traversons dans la vie. Nous sentons parfois qu’il y a dans nos vies des obstacles pour avancer. Des pierre lourdes à déplacer. Je pense à un deuil difficile à surmonter, un échec affectif qu’on mettra du temps à oublier… Nous connaissons aussi parfois la peur, l’amertume, qui bloquent le chemin vers la joie et l’espérance. Ce sont des pierres parfois lourdes à porter, à enlever de nos cœurs. Comme les femmes au tombeau de Jésus, nous pouvons dire : « Qui nous roulera la pierre de l’entrée du tombeau ? » (Mc 16,3)
Mais voilà, le premier jour de la semaine, les évangiles nous disent que la pierre est roulée, enlevée !
Une pierre roulée, enlevée !
Voilà la Pâque de Jésus, voilà la force de Dieu qui ressuscite son Fils. Voilà la victoire de la vie sur la mort, voilà le triomphe de la lumière sur les ténèbres, la renaissance de l’espérance dans les décombres de l’échec. Tous les écrits du Nouveau Testament diront que Dieu a ressuscité son Fils. L’apôtre Pierre le dira avec force, dans son discours à Jérusalem, le jour de la Pentecôte : « Dieu a ressuscité Jésus en le délivrant des douleurs de la mort…. Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité, nous tous en sommes témoins. » (Ac 2, 24.32). Dieu le Père a roulé la pierre du tombeau. Dieu vient rouler la pierre qui nous empêche de vivre, de croire, d’espérer, d’avancer, d’agir… Dieu en ressuscitant Jésus son Fils, a ouvert pour tous les hommes et les femmes de l’histoire, une nouvelle page. En célébrant la résurrection de Jésus, nous proclamons que la mort n’est pas le dernier mot de l’histoire. La résurrection est à l’œuvre en nous depuis notre baptême. Aucune défaite, aucune épreuve, ne pourront arrêter notre marche vers la plénitude de la vie. Avec Jésus-Christ, mort et ressuscité, aucune pierre ne pourra étouffer nos cœurs ; aucune pierre ne pourra stopper la joie de vivre, la joie de croire… C’est cette expérience que tous les baptisés de Pâques vivent et dont ils témoignent depuis des semaines dans les journaux. Leur joie de croire et plus forte que les ténèbres de la vie du monde.
Tous, aujourd’hui, levons les yeux vers Jésus-Christ, ressuscité des morts, et demandons-lui que la puissance de la résurrection fasse rouler les pierres qui oppressent nos vies. Levons les yeux vers Jésus-Christ ressuscité, marchons avec lui, dans la certitude que dans notre vie, se trouve déjà la vie éternelle en germe.
Joyeuse fête de Pâques à tous.
Amen.
